John Wick 2 – Keanu Reeves (re)passe à l’action

En collaborant avec Chad Stahelski, Keanu Reeves a donné vie à un personnage singulier: John Wick, sorte de Jedi tueur à gages, l’homme qu’on ne veut pas avoir comme ennemi. Un premier film si apprécié qu’une suite a déjà été réalisée, emballée, livrée dans les salles ce mercredi 22 février. Déjà une légende. Et si John Wick a marqué le public, c’est probablement pour un ensemble de bonnes raisons.

Un style unique

Personnage attachant, aussi sensible et attentionné dans son intimité que froid et perfectionniste dans son travail, Keanu Reeves donne à John Wick cette intensité parfois jugée trop froide, justement, pas assez expressive pour un rôle traditionnel – ce qui explique pourquoi l’acteur travaille essentiellement dans des projets spéciaux.

À 50 ans passés, les traits de Keanu Reeves gardent toujours, à défaut de jeunesse, une douceur déroutante malgré la barbe et les cheveux irsutes. Un visage intemporel, immortel, qui colle parfaitement à sa profession.

Une méthode de travail hors-normes

À l’image de Tom Cruise pour Collateral (Michael Mann) et Mission Impossible (1 à 5), pour jouer un professionnel virtuose sur tous les plans même les plus complexes, Reeves a suivi un entrainement spécifique rigoureux. Son personnage, John Wick, pratique le « gun-fu », il se bat avec ses flingues comme Bruce Lee avec ses pieds, éliminant des cohortes d’ennemis en jouant frénétiquement, mais avec précision, de la gâchette. L’acteur s’est donc habitué à tirer en conditions réelles sur des séries de cibles avec plusieurs armes (mais pas en même temps), apprenant à connaître leur poids, leur puissance, leur recul, mais également l’impact physique que représente sur l’homme une activité guerrière soutenue. Une expertise présente plusieurs avantages déterminants.

En effet, l’acteur est tellement crédible et performant, pas besoin de le remplacer par une doublure, de découper les plans pour les permutations, c’est une sacrée contrainte qui disparait. C’est une production sur mesure – une manière de filmer aux antipodes des pratiques habituelles. Les plans peuvent être longs, serrés et pleine face même dans les moments difficiles, puisque c’est la star qui tourne la plupart de ses cascades. Keanu Reeves est toujours à l’écran, l’immersion est totale. Il ne manquerait plus qu’on lui donne des vraies armes à feu !

Des thèmes somptueux

L’identité de John Wick est très visuelle, mais elle s’appuie également sur une ambiance musicale propre et singulière signée Tyler Bates (avec Joel J. Richard), auteur des thèmes de la série Californication (dont le fameux thème de Hank Moody), artiste devenu incontournable à Hollywood. Des sonorités originales, pas moins de 19 titres, que l’on retrouve d’un film à l’autre (notamment le thème principal, Story of Wick). Tyler Bates signe également un titre fort de Marilyn Manson, Killing strangers, qui s’accorde parfaitement. Un DJ nommé Le Castle Vania livre trois titres endiablés (The Red Circle, Led Spirals et Shots fired) qui se succèdent en crescendo, donnant à la fameuse séquence du nightclub un timbre et une intensité mémorablesUn ensemble parfaitement cohérent, brutal et mélodieux, avec quelques petits moments de douceur (In my mind, de M86 & Susie Q et Think, de Kaleida). Une bande originale très complète, qui s’écoute en boucle, et qui est reconduite pour la deuxième manche.

Le défi de la surenchère

Si la bande s’est réunie de nouveau, ce n’est pas pour beurrer les tartines. Ou refaire le même film une deuxième fois. Il faut s’attendre à plus. Beaucoup plus. Adieu la dentelle, finie la poésie, John Wick chapitre 2 doit étonner. C’est pourquoi il est recommandé de voir les deux films dans l’ordre de sortie. John Wick (2014), premier chapitre, est disponible en DVD, Blu-Ray et vidéo à la demande (VAD), c’est le meilleur moyen de faire connaissance avec le mythe. Bien entendu, le second chapitre a été réalisé pour être visible sans avoir vu le premier, comme cela se fait de plus en plus, afin d’intéresser un public encore plus large. Il suffit de laisser trainer ici et là quelques infos nécessaires et suffisantes pour que les néophytes ne soient pas complètement perdus, les habitués notant une légère redondance (pas la peine de dénoncer une machine à fric honteuse, c’est juste une pratique qui relève du bon sens et ça ne change pas grand chose). Lequel public pourra parfaitement, s’il est conquis, revenir aux sources ultérieurement, comme cela se fait déjà sur certaines chaînes de la TNT (qui n’hésitent pas à programmer Rambo II en prime, suivi de Rambo en deuxième partie de soirée, par exemple).

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