Nawell Madani donne tout

Vous connaissez peut-être Nawell Madani, ancienne danseuse, humoriste depuis 2011, son passage au Jamel Comedy Club, ses Instawell sur Instagram et son Welltour dans toute la France, sa victoire aux Globes de Cristal en 2015 pour le « Meilleur One Man Show », son spectacle « C’est moi la plus Belge! ». Après un passage remarqué dans le film de Philippe Lacheau Alibi.com, Nawell Madani pousse aujourd’hui les portes du cinéma avec son premier film en tant que réalisatrice, C’est tout pour moi. De loin son projet le plus ambitieux et le plus abouti. Une réussite totale, à voir en salles à partir du 29 novembre.

Un humoriste qui raconte sa vie au cinéma à la première personne, ce n’est pas nouveau. Et bien souvent, la transition de la scène au grand écran est douloureuse. Mais justement, si Nawell Madani s’inspire de son propre parcours pour réaliser son premier film, elle a choisi d’incarner un personnage fictif (Lila), lui permettant d’inventer une histoire librement enrichie – un condensé de plusieurs vies. Un exercice subtil, loin des clichés, qui tient en haleine les spectateurs pendant un peu moins de 2 heures.

Tout juste

Formée à la danse puis au stand-up, Nawell Madani a l’habitude de perfectionner sa prestation. Cette exigence se retrouve dans chacune des différents casquettes qu’elle porte sur ce projet. Auteur, réalisatrice et actrice principale, elle a également pris le risque de choisir pour certains rôles-clés des acteurs en devenir – notamment pour le rôle de son père, le sculptural Mimoun Benabderrahmane, dont c’est le premier rôle au cinéma, une révélation! Le talent sait reconnaître le talent, même à l’état brut. Et le faire éclore, à force de travail.

Pour l’accompagner dans son parcours initiatique, le coach qui l’aide à trouver ses marques en tant que comédienne est incarné par François Berléand. Un personnage excellent, original et sobre, qui s’illustre dans un registre classique au cinéma (Lawrence Fishburne dans Matrix, Sean Connery dans Highlander et plus près de nous, Daniel Auteuil dans Le Brio, actuellement à l’affiche). Une belle performance, qui donne le ton dans une production très soignée.

Cumul de prouesses

C’est tout pour moi, c’est l’histoire d’un film improbable. Des acteurs faisant leurs débuts au cinéma, des longues scènes avec des enfants, de la danse, de l’humour, des figurants par centaines, des lieux et des plans très variés, 5 semaines de tournage pied au plancher pour 1h44 de film, soit une moyenne de 4 minutes dites « utiles » par jour (contre 2 à 3 minutes par jour en général avec des acteurs confirmés). Et pas une minute de trop! Une histoire passionnante, un style percutant et travaillé, un rythme impeccable, du rire franc et de l’émotion, un sans-fautes.

Une bande originale de luxe

Et pour accompagner un récit épique, l’auteur a tenu à ne rien lâcher sur le son. Du lourd, du grand, du beau. Chaka Khan (Ain’t nobody), Michael Jackson (We’re almost there), Khaled (Wahrane Wahrane), Oxmo Puccino (365 jours), des sons très connus utilisés à bon escient, qui collent parfaitement (et restent dans la tête). Une belle harmonie entre ces titres phares, le reste de la BO (16 titres au total supervisés par Doudou Masta, avec Jok’Air, la MMZ et S.pri Noir, disponible en pré-commande) et la musicalité des dialogues, qui montre le haut niveau du projet dans son ensemble.

Un très grand moment de cinéma, à voir en salles absolument.


C’est tout pour moi, de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin (2017, 1h44). Avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane, Leyla Doriane, Djebril Didier Zonga, Antoinette Gomis, Lara Laquiz.
Production: Nexus Factory, LGM Cinéma, UGC, Dum Dum Films, France 2 Cinéma, CN6 Productions. Distribution: UGC.
Sortie au cinéma le 29 novembre 2017.

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