Michael Keaton forme l’élite dans American assassin

Où était donc passé Michael Keaton? Après Batman en 1989 et Jackie Brown en 1995, l’un des acteurs les plus captivants avait disparu. Revenu en grâce avec Birdman, éclatant dans Spotlight, fantastique dans Le Fondateur, génial dans Spiderman Homecoming, Keaton enchaîne les performances et les succès. Avec American Assassin, il repousse encore les limites. Et il n’est pas prêt de s’arrêter.

Dans American Assassin, Michael Keaton incarne un formateur d’élite pour la CIA, naturellement spécialisé dans l’anti-terrorisme. Un personnage qui rappelle celui de Tommy Lee Jones dans The Hunted (Traqué, de William Friedkin, 2003), mais un peu plus tôt dans sa carrière (pour mémoire, Tommy Lee affrontait un ancien élève disparu et décidé à dépasser le maître). Comme Tommy Lee, se trouve confronté à un ancien élève, incarné par Taylor Kitsch. Mais au lieu d’un duel, c’est une relation à trois qui s’installe.

Car le personnage principal, c’est Mitch Rapp, incarné par Dylan O’Brien (de la série Teen Wolf, aperçu au cinéma en 2014 dans Le Labyrinthe puis Deepwater en 2016 avec Mark Whalberg). Un jeune prodige prêt à servir son pays qui ne demande qu’à terminer sa formation. Héros issu d’une série de romans de Vince Flynn, auteur à succès ayant contribué comme consultant à la série 24 heures, il a les aptitudes de Jason Bourne (sans le lourd tribut psychologique) et les méthodes de Jack Bauer – une certaine affinité pour les mesures extrêmes, un sens aigu du résultat et une morale à géométrie variable. Le jeune homme dynamique et efficace.

Sachant que le réalisateur Michael Cuesta a travaillé sur la série Homeland et le film Secret d’Etat (2014, avec Jeremy Renner) et que le directeur de la photographie Enrique Chediak a officié sur 127 heures, 28 semaines plus tard et Deepwater, il faut s’attendre à de l’action, du dépaysement, des belles images qui tremblent et des héros qui, eux, ne tremblent pas. Et peut-être les débuts au cinéma d’un nouveau héros, dont les aventures sont déjà écrites (16 livres).

Un film surprenant, l’équipe parvenant à trouver de l’originalité dans un genre pourtant sillonné par de nombreuses productions, de Jason Bourne à James Bond en passant par Mission Impossible, chacun rivalisant déjà d’ingéniosité pour se démarquer de la concurrence. Rythme haletant, action rondement menée, acteurs justes et crédibles dans leur rôle de surhomme, American Assassin n’évite pas toujours les clichés, mais s’en accommode plutôt bien.


American Assassin de Michael Cuesta (1h51), avec Dylan O’Brien, Michael Keaton, Taylor Kitsch, Sanaa Lathan, Shiva Negar.
Un film produit par CBS Films, Lionsgate, Di Bonaventura Pictures et Nick Wechsler Productions, distribué en France par Metropolitan Filmexport.

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