Camping 3, la bonne surprise

Peut-être avez-vous des a priori sur Camping, Dubosc, les films français en général, les comédies en particulier, surtout l’été. Peut-être avez-vous été déçu par Camping 2. Oubliez tout, ce film-là est excellent.

La bonne idée

Comme l’a annoncé en toute simplicité le réalisateur lors de l’avant-première parisienne, il ne s’agissait pas de faire un troisième film juste pour faire un « 3 », c’est-à-dire récolter le bénéfice du titre, connu et bien ancré, sans conviction.

Lancé sur une idée simple, mettre 3 jeunes dans les pattes de Patrick Chirac sur son lieu de vacances fétiche, Fabien Onteniente et son équipe ont bien travaillé. Une idée soufflée à Dubosc par Kev Adams, qui s’est imposée car elle ouvrait des perspectives intéressantes. Peut-être le détail qui a permis de relancer une « saga »

Pas si ringard

Alors qu’on pouvait s’attendre à des blagues bien lourdes, du cliché facile dans une comédie d’été toute bête, qu’on oublie aussi vite qu’on l’a vue, Camping 3 se situe au-delà. C’est un très bon film – avant d’être une bonne comédie.

Évidemment, il y a des effets un peu faciles, à la limite de la caricature (les hallucinations de Patrick sur son ami Paulo, qui passe par tous les styles des Village People), c’est gentillet et ce serait léger si c’était le clou du film – ce qui arrive dans certaines comédies moins ambitieuses, où les gags déjà vus dans la bande-annonce sont les meilleurs du film, on passe son temps à attendre ces pépites avec un certain ennui. Ici, pas question de s’ennuyer.

Il y a une histoire, l’opposition jeunes/moins jeunes, mais également des petites aventures qui relancent l’intérêt régulièrement, avec des apparitions d’acteurs de premier plan dans des petits rôles bien trouvés – Gérard Jugnot, Michèle Laroque et Christina Reali, mais aussi Sophie Mounicot (de la série « H ») – dans des situations étonnantes. Une richesse scénaristique qui donne un rythme impeccable pendant toute le film.

Un film juste porté par des acteurs justes

Les anciens du camping des Flots Bleus, c’est déjà une belle brochette de légendes du cinéma français. Antoine Duléry, qui ose tout avec son personnage de Paulo, du touchant au grotesque; Philippe Lellouche, un directeur de site inspiré; fil rouge de luxe du film, Claude Brasseur se révèle très drôle, avec un rôle particulièrement bien taillé, en couple avec une Mylène Demongeot inquiète.

Les trois jeunes débrouillards, qui arrivent au camping et en repartent sur un malentendu, Jules Ritmanic, Louka Meliava et Cyril Mendy (le petit frère d’Omar Sy dans « Intouchables »), apportent une dynamique singulière, à la place de l’unique invité des deux premiers épisodes (Gérard Lanvin puis Richard Anconina).

Les jeunes femmes qui les accompagnent dans leurs aventures, Leslie Médina, Amélie Robin et Alix Bénézech.

Et le maître de cérémonie désigné, Frank Dubosc, est impressionnant. Juste, subtil, il parvient à approfondir son personnage, à lui faire prendre de la hauteur, à sortir du cliché, ce qui le rend crédible et attachant. Il assume à sa façon son âge, sa ringardise, qu’il revendique. Il ne cherche pas la modernité, il reste authentique. Il n’est donc pas ridicule ou caricatural, il est vrai, bien dans sa peau, droit dans ses tongs. Vieillissant, mais souriant et énergique. Dans un film où les acteurs sont parfaitement justes, Frank Dubosc est raccord. Il est excellent.

On n’attendait pas Patrick !

Réussite inattendue, Camping 3 s’impose comme la comédie de l’été, qu’on attendait légère et éphémère, mas qui se révèle divertissante et intéressante. On se passionne pour les destins croisés des différents personnages, qui n’ont rien d’anodin. C’est une comédie, certes, mais très bien écrite, bien construite, qui ne s’essouffle pas. Une ambition rare pour le genre, une excellente surprise. Un grand succès, sinon pour la presse (des notes très moyennes), pour les spectateurs qui, déjà, sur les réseaux sociaux, expriment leur satisfaction, et envahissent les salles.

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