Light of my life, l’étrange voyage de Casey Affleck

Dans un monde où les femmes ont disparu, à la suite d’une pandémie, un père poursuit tant bien que mal une vie en perpétuelle fuite avec son unique fille, qui était bébé au moment du drame. Il essaie de garder avec elle une existence aussi normale que possible, compte tenu des circonstances, notamment grâce aux petits moments partagés, seul à seul, où il recrée avec ses histoires le monde qu’il a connu. Un expérience positive mêlée de déni, alors que le danger, dans un monde d’hommes, n’est jamais très loin. Un film écrit, réalisé et interprété par Casey Affleck, un acteur doué et reconnu, mais encore très jeune, et qui continue de se réinventer dans une carrière hollywoodienne étonnante. Light of my life est sorti au cinéma le 12 août 2020.


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De nombreuses influences

Pour sa seconde réalisation, après une collaboration avec Joaquim Phœnix (l’expérience I’m still here, les années perdues de Joaquim Phœnix, 2010), celui qui ne voulait pas être simplement acteur, et qui a fini par décrocher un Oscar dans cet exercice (Manchester by the sea, 2017), signe en tant qu’acteur et réalisateur un film à la fois personnel et universel. En s’aventurant dans un univers et des thèmes déjà abordés largement dans l’audiovisuel américain (des films comme Les fils de l’homme, La route, Leave no trace et la série Walking Dead), il s’approprie et transcende une histoire de famille, à la fois loin de tout et jamais très loin du danger (à la différence de Ben Foster dans Leave no trace, Casey Affleck ne semble pas pouvoir vivre totalement déconnecté, off the grid). Un film à la fois beau, tendre et angoissant.

Le temps suspendu

Dès les premières images, on entre dans l’intimité des personnages principaux, qu’on a l’impression d’avoir connus toute notre vie. On passe deux heures dans une réalité proche, peu enviable, avec comme respirations les moments de calme où le père rassure sa fille, tente de préserver ce qui peut l’être, alors même qu’il doit se défaire d’une partie de sa propre humanité pour assurer leur survie. C’est l’espoir qui anime ce père au bord du gouffre, qui capte notre attention. À la manière de Roberto Benigni dans La vie est belle, Casey Affleck incarne un père a priori impuissant et dépassé par les événements, mais qui refuse la fatalité et tiendra aussi longtemps que possible pour repousser l’inévitable.

Un futur proche, une réalité palpable

En rapprochant son personnage de la réalité, Casey Affleck gomme la distance avec le spectateur, ce qui rend les situations et les émotions plus réalistes. Contrairement à Viggo Mortensen, qui incarne la dureté et un père sans doute plus héroïque, rigoureux et intransigeant, qui met la sécurité avant tout, Casey Affleck est loin d’être parfait. On s’identifie plus facilement à un père fragile, qui hésite, ne parvient pas à garder le cap, à faire respecter les quelques règles de survie qu’il a fixées, ne résistant pas au confort d’une maison alors même qu’il devrait vivre à la marge, loin de la société, pour éviter tout problème. Alors que l’homme est plus que jamais un loup pour l’homme, la tentation de revenir à une vie plus normale est trop forte.

Des décors et des ambiances sur mesure

En choisissant des décors sans vie, en plans fixes, larges et sur des longues durées, le réalisateur et le directeur de la photographie Adam Arkapaw (True Detective, Assassin’s creed, Animal kingdom) ont choisi de filmer l’immobilisme, donnant aux acteurs une liberté à l’intérieur des cadres, accentuant l’impression d’isolement, de solitude. Il y a églement une grande variété de décors et de nombreux détails qui installent l’histoire dans la durée, et rappellent par petites touches l’état de délabrement de la société, dans les lieux abandonnés jonchés de détritus, de meubles et de livres, mais aussi les décors naturels dépourvus d’animaux, qui donnent une impression de vide, de tranquilité apparente, de calme avant le drame.

Un réalisateur qui confirme

Light of my life est un film remarquable, bien conçu et interprété, qui confirme la grande intelligence et l’étonnante sensibilité de Casey Affleck. Anna Pniowsky incarne la jeune fille avec brio, elle réussit son face à face avec un acteur chevronné et reconnu, leur relation semble parfaitement naturelle. Et, parmi les seconds rôles de choix qui peuplent les rares rencontres, Tom Bower (aperçu dans El camino, le film hérité de l’univers Breaking bad), véritable monument historique du cinéma américain, apporte juste ce qu’il faut d’inquiétant, dès sa première apparition.

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Light of my life, de Casey Affleck (2020, 1h59). Avec Casey Affleck, Anna Pniowsky, Elisabeth Moss, Tom Bower, Timothy Webber, Hrothgar Mathews, Kory Grim, Patrick Keating. Un film produit par Black Bear Pictures, distribué par Condor Distribution. Sortie au cinéma le 12 août 2020. Crédits photos: Condor Distribution – Tous droits réservés.

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