Avec « Les éblouis », Sarah Suco entre dans la lumière

C’est une des plus belles histoire de Cinéma de 2019. Avec son parcours, Sarah Suco a doublement ému le public parisien, lors de sa présentation fin novembre au cinéma UGC Les Halles où elle a jadis travaillé. Il arrive parfois qu’un réalisateur ou une réalisatrice ait la fierté de présenter un long-métrage dans la salle même où la passion est née, en tant que spectateur ou spectatrice, réalisant un saut improbable du fauteuil à la scène. Mais en racontant sa propre histoire sur grand écran dans son premier long-métrage, Sarah Suco a réussi deux exploits. Les éblouis, sorti au cinéma le 20 novembre 2019, est toujours en salles en 2020. Ne le ratez pas.


Avant-première au cinéma UGC Les Halles, 18/11/2019. ©PlaceDuCinéma

La détermination

C’est l’histoire d’une réussite qui se perpétue, qui se transmet. En prenant son destin en mains, Sarah Suco a su se sortir de l’emprise d’une communauté dite charismatique, elle a également su déjouer le déterminisme d’une carrière de petite main dans un grand cinéma parisien pour devenir comédienne et réalisatrice de cinéma, soit le plus grand écart possible. Une histoire extraordinaire à plus d’un titre, dont le dénouement n’a pas eu lieu à Cannes avec l’ascension des fameuses marches du Festival, mais lors de la projection de son premier long-métrage dans la salle 10 de l’UGC Les Halles, dont elle a jadis descendu les marches en chute libre. Un témoignage émouvant et fondateur.

Les Éblouis, 2019. ©Pyramide Films

Un regard bienveillant à plus d’un titre

En choisissant « Les éblouis » comme titre de son film, la réalisatrice fait preuve de bienveillance. Elle aurait pu choisir « Les illuminés », s’apensentir sur une critique douloureuse de ceux qu’elle a choisi de fuir, régler ses comptes en appuyant davantage là où ça fait mal, mais elle a préféré la compassion et la retenue, démontrant habilement les graves problèmes et errances d’une communauté enfermée sur elle-même et destructrice pour ses membres les plus fragiles. En échappant à l’endoctrinement, elle ne cherche pas elle-même à endoctriner à son tour. Elle guide, suggère, présente, et c’est au public d’enfoncer le clou, de tirer ses propres conclusions.

Sarah Suco au cinéma UGC Les Halles, 18/11/2019. ©PlaceDuCinéma

Un destin fabuleux

C’est l’histoire d’une jeune femme qui se sort d’une vie sous contrainte en décidant de s’enfuir. Puis cette jeune femme qui refait sa vie en tant qu’agent d’accueil dans un cinéma, vendeuse de popcorns avec comme avantage l’accès gratuit aux salles, et devient contre toute attente actrice et réalisatrice (à force de travail au théâtre le soir et sur son temps libre). Et aujourd’hui une toute jeune réalisatrice déjà mature, qui porte un regard bienveillant sur ses acteurs et actrices, qui inspire, qui protège et qui espère. On a le privilège d’assister au début d’une carrière prometteuse, avec un film ambitieux et abouti, porté par une troupe d’acteurs prestigieux (Darroussin, Caravaca, Cottin, Roy, Martin…) et de jeunes talentueux et justes (Suzanne de Baecque, Céleste Brunnquell, Spencer Bogaert…), avec la confiance de producteurs renommés.

Jean-Pierre Darroussin, Éric Caravaca, UGC Les Halles, 18/11/2019. ©PlaceDuCinéma
Suzanne de Baecque, Laurence Roy, UGC Les Halles, 18/11/2019. ©PlaceDuCinéma

Les Éblouis, de Sarah Suco (2019, 1h39). Avec Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca, Céleste Brunnquell, Laurence Roy, Daniel Martin, Spencer Bogaert, Benjamin Gauthier, Suzanne de Baecque. Un film produit par Mon Voisin Productions, Épithète Films, en coproduction avec France 3 Cinéma, disitrbué en France par Pyramide Distribution. Au cinéma le 20 novembre 2019. Crédits photos: Pyramide Distribution et Place du Cinéma – Tous droits réservés.

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