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Le sens de la fête – le retour des intouchables

Les réalisateurs du film Intouchables sont de retour. Après Samba (2014), Nos jours heureux (2006), Eric Toledano et Olivier Nakache proposent une comédie grandiose, s’appuyant sur un casting pléthorique, alternant les passages consternants et les moments de grâce, parvenant même à les mélanger. Avec une musique remarquable signée Avishai Cohen (collaboration qui rappelle celle de Ludovico Einaudi pour Intouchables), mais également des hits pop originaux (Can’t Take My Eyes off You) et revisités par Gilles Lellouche (Lovely Day) et des chansons fortes (le son du show hélium). Un film déjà vu dans toute la France au gré d’avant-premières avec ou sans équipe cet été puis à la rentrée, que certains ont eu plaisir à revoir avant même sa sortie, ce mercredi 4 octobre. Une réussite, qui pourrait faire un carton en salles.

Bacri en mode patron

Tête d’affiche incontestable, tout premier rôle et patron déclaré, Jean-Pierre Bacri n’aime pas les accolades, mais il va devoir s’habituer. Homme de théâtre, souvent apparu au cinéma dans des productions soignées au succès plus confidentiel, l’acteur associé artistiquement et socialement à Agnès Jaoui risque de connaître une rentrée faste. Salué par ses collègues, unanimement reconnu, il aurait enfin trouvé le grand rôle qui révèle de manière définitive son remarquable talent. César?

Un casting 5 étoiles

Au lieu de hiérarchiser maladroitement le casting du film, on se contentera de citer leur nom. Car même si certains sont naturellement mis en avant sur les affiches, avec davantage de répliques, une carrière plus avancée, c’est bien l’ensemble de ces personnages qui crée la magie du Sens de la fête. Des acteurs et des actrices déjà bien connus du grand public. Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche, Hélène Vincent sont les aînés de la troupe. Vincent Macaigne, Benjamen Lavernhe (de la Comédie Française), William Lebghil et Kevin Azaïs ont déjà été remarqués dans de grandes productions. Eye Haidara et Alban Ivanov, plus connus pour leur travail sur les planches, s’intègrent parfaitement, avec une présence lumineuse.

Des bras pas si cassés

Ils connaissent leur sujet. Les deux réalisateurs ont connu les galères, les petits boulots, ils n’ont pas oublié d’où ils viennent et ne méprisent absolument pas ceux qu’on serait tenté d’appeler des « bras cassés » – ces petites mains par légions qui font les grands rendez-vous. Parfois simples, souvent en difficulté, nécessitant la présence constante de collègues et de leur hiérarchie pour se réaliser au quotidien, ils ne sont toutefois pas jugés. C’est la limite, celle qui empêche la bascule dans le pathétique ou dans le mépris. Et c’est noble.

Eric Toledano et Olivier Nakache exposent les limites de leurs personnages, ils s’en amusent, en profitent, mais ne les condamnent pas. Ils leur donnent toujours une chance de s’en sortir la tête haute, malgré tout. Car le meilleur moyen de se sortir d’une galère, c’est avant tout de ne pas tomber. De savoir se relever. Et de savoir en rire.

Le sens de la fête est une comédie ambitieuse, une explosion de talent, un grand moment de cinéma.

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